Marie,Hélène est la mère de Marie Charlotte Navet  (vous vous souvenez, c'est elle qui est à la base de l'arbre de grand-père).

Elle est née en plein été 1751 et fut baptisée le 11 août, le jour de sa naissance en la Cathédrale de Saint-Malo au coeur de la ville corsaire. Il est très rare qu'on attende plus longtemps. Il ne faudrait surtout pas que l'enfant meure sans avoir été baptisé.

bapteme Marie Helene Brault 11 aout 1751

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 C'est un été chaud mais en bord de mer et dans une ville de négoce, la disette qui commence dans le royaume de France n'affecte pas encore trop cette région. Dans le sud-ouest " après un printemps dérangé et pluvieux, il vint une sécheresse extraordinaire avec de grandes chaleurs qui firent périr la récolte. Les herbages manquèrent. Ce fut une année des plus critiques et des plus disetteuses".

Son père est négociant, armateur de Saint-Malo : Il se prénomme Auguste Brault et est né à Jugon-les-Lacs dans les côtes d'Armor et sa mère Marie Guillemette Duval est née à Saint-Malo en Ille et-Vilaine.

Ses parents se sont mariés le 9 septembre 1744 à Saint-Servan dans la Chapelle de La Hulotais* juste à côté de Saint-Malo (le grand-père de Marie Guillemette est Sieur de la Hulotais ). Il a 29 ans et n'est encore que commis et elle a 26 ans.

mariage Brault - Duval 9 septembre 1744 1

mariage brault duval 9 septembre 1744 2

 

A.D.35 A.D.35 St Servan vue 82/119

Ils auront 5 enfants. L'ainé Georges Auguste, né en 1748 ; le second Pierre, Louis, Marie né en 1749. Ensuite viendra Marie, Hélène en 1751,  Pierre, Noël en 1755 et enfin Augustin, Marie en 1764.
La date de naissance de ce dernier enfant à de quoi surprendre, sa mère a 46 ans à sa naissance. C'est un enfant tardif mais cela arrive assez souvent. C'est le petit dernier avec tous les risques que cela comporte pour la mère et pour l'enfant. Né le 13 mai  il est baptisé le 14 mai sous condition. Il n'est pas sûr qu'il survive. Son frère est son parrain, il a 16 ans et sa tante est sa marraine. 

Arbre BRAULT

Arbre Brault. Les points verts représentent nos ancêtres directs. En rouge la mère de Marie, Hélène.

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Marie, Hélène vient d'un milieu aisé. Son père est négociant-armateur. Il achète et revend des marchandises de toutes sortes, principalement des denrées venant d'Afrique comme le café et du Nouveau-Monde comme la canne à sucre. En plus du commerce il arme des bateaux, probablement avec d'autres petits armateurs. (L'armateur est la personne qui équipe à ses frais un ou plusieurs navires marchands ou de pêche). Les plus petits armateurs s'associent très souvent car armer un navire est très risqué. Surtout que nous sommes dans une période très dangereuse. L'enfance de Marie-Hélène se passe sous le règne de louis XV et c'est la guerre de 7 ans (1756-1763) . La vie est difficile pour les villes côtières, les marins et navigants paient un lourd tribut.  Nombreuses furent les batailles navales devant Saint-Malo et sur la côte .

saint malo info bretagne point com

Sa famille vit dans Saint-Malo, non loin des Halles rue du bas des Halles (nom de rue disparue probablement lors de la reconstruction de la ville après 1944). Ce sont des rues étroites et sombres bordées d'immeubles sur plusieurs étages, mais les intérieurs des demeures bourgeoises sont vastes. Ils ont probablement des domestiques noirs. Elle a reçu une certaine éducation. Sa signature est fluide. Elle a l'habitude d'écrire.

Signature Marie Hélène Brault

Ses parents fréquentent les grands négociants et commerçants de la ville. Sa mère vient d'une famille de corsaires. Nicolas Duval sieur du Minihic ou Menehic est armateur, Capitaine Corsaire et son oncle Nicolas, Alain Duval est Capitaine Corsaire de vaisseau. Le grand-père fait partie des premiers à armer des vaisseaux pour la traite des noirs (mais modeste par rapports aux grands amateurs). (Saint-Malo sera le 5e port pour la traite des noirs au XVIIIe s.) 

On peut avoir une idée des fréquentations en regardant qui est témoin aux mariages et baptèmes. Gabriel Onfroy (à qui appartient la chapelle où se marient Augustin Brault et Marie Duval), Joseph, René Saint-Verguet sieur du Chesne en 1782  riche orfèvre sont des amis de la famille. Quelques années plus tard le frère ainé de Marie épousera Marie, Hélène la fille de celui-ci.

Notre Marie va sur ses 18 ans lorsque ses parents la promettent à Charles, François NAVET veuf de 29 ans, négociant, lui même fils de négociant de Saint-Malo. La famille Navet à des relations (les Surcouf ) un négoce lucratif de café et de chocolat. Sa première épouse venait d'une famille très aisée Les Laisné qui l'avait probablement introduit dans des milieux intéressants. Celle-ci est décédée en mettant au monde son 6e enfant, un garçon mort-né.

Deux mois plus tard le 17 octobre 1769 elle l'épouse dans la Cathédrale de Saint-Malo. Ce n'est probablement pas le mariage dont rêvait Marie car en plus d'avoir un époux de 10 ans de plus qu'elle, elle "hérite" des enfants du mariage précédent. Sur les 6 enfants de son époux, seules deux filles ont  survécu. Servanne  et Jeanne Françoise. 

mariage Navet Brault 1769

mariage Navet Brault 1769 suite

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Ainsi Marie, Hélène en épousant Charles se retrouve, comme beaucoup de femmes épousant un veuf, mère de 2 enfants de 6 et 3 ans à 18 ans.

Très vite elle devient elle-même mère d'une petite fille dès 1770 soit un an après son mariage puis elle aura un enfant par an. Le second est mort né, le 3e et 4e n'ont probablement pas survécu longtemps, et enfin une petite fille prénommée Marie, Charlotte notre ancêtre qui hélas en venant au monde perd en même temps sa mère. En fait c'est une supposition. Car chose extraordinaire nulle part je n'ai trouvé trace de la naissance de Marie, Charlotte. Ni dans le registre original, ni dans celui du greffe. A son mariage à Terrasson en Dordogne quelques années plus tard, il est dit qu'elle a pour parents feu Charles Navet et Dame Marie Brault et qu'elle est native de Saint-Malo. Or son frère la précédent est né le 9 juillet 1773. Entre cette naissance et le décès de sa mère le 4 août 1774, il se passe 11 mois. Juste le temps de naître ...mais aucune trace. Peut-être que dans la tragédie du décès de sa mère le curé en a oublié d'inscrire la naissance du bébé. Elle ne peut être que née en 1774. Tous les enfants naissent entre 10 mois et 11 mois d'intervalle. Donc il ne reste pour sa naissance avant le décès de sa mère que août 1774, justement mois du décès maternel.

Décès Marie hélène Brault 1774

 A.D. 35  année 1774 Sépultures vue 15

Ainsi Marie, Hélène décède à 23 ans en ayant vu tous ses enfants mourir et Charles se retrouve de nouveau veuf à 34 ans avec cette fois 3 enfants vivants. Deux mariages et 11 enfants !!!!  La vie à Saint-Malo n'était pas périlleuse que pour les marins....

 

Lieux des Brault

 

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http://www.infobretagne.com/saint-servan-sur-mer.htm :

les manoirs du village de la Hulotais ou Hulottais (XVIIème siècle), situés route de Saint-Méloir-des-Ondes. L'un des manoir possède une chapelle datée de 1712 et était jadis la propriété de la famille Onfroy sieurs du Bourg au milieu du XVIIème siècle et jusqu'en 1802 — Au commencement du XVIIIème siècle, le manoir de la Hulottais appartenait à Guillaume Onffroy ou Onfroy, sieur du Bourg, et à Françoise Patard, sa femme. Leur fils Charles Onffroy étant tombé enfant du troisième étage d'une maison, à Saint-Malo, sans se tuer, ils promirent, s'il se faisait prêtre, de bâtir une chapelle à la Hulottais. Guillaume Onffroy mourut en 1707, après avoir fait une fondation de messes à la Hulottais, et Charles Onffroy ayant embrassé l'état ecclésiastique, Françoise Patard bâtit la chapelle promise. Cet édifice, dédié à saint Guillaume et à sainte Françoise, fut bénit le 6 avril 1712 par Simon Allain, recteur de Saint-Servan, et l'on y plaça un tableau représentant le danger de mort auquel avait échappé Charles Onffroy. Cette chapelle, fondée de messes et d'un catéchisme, fut successivement desservie par André Onffroy (1717), — Joseph Patard (1766) — et Jean-Julien Le Gué (1783), tous présentés par la famille Onffroy. Celle-ci vendit la Hulottais en 1802, mais les nouveaux propriétaires continuèrent la fondation, et la chapelle était encore desservie comme frairienne tous les dimanches à la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes)

Sieur du Minihic ou menehic suivant les documents. Ce lieu doit être celui actuellement dénommé MINIHY